Description du programme

Phénix est un programme d’éducation à la sexualité qui s’adresse à des hommes qui désirent réduire leur risque de contracter une ITSS, sans toujours être en mesure d’y parvenir comme ils le souhaiteraient.

Phénix vise explicitement à relever le défi d’apprendre aux hommes qui y participent comment mieux conjuguer érotisme et réduction des risques.

 

  • Érotisme : renvoie non seulement aux activités relatives à la stimulation des zones érogènes tant génitales que non génitales, mais également à l’ensemble des sources susceptibles d’éveiller l’excitation sexuelle et de la faire monter jusqu’à l’orgasme.
  • Stratégies de réduction des risques : toute stratégie qui, par leur conjugaison, permettent d’intervenir sur les facteurs et les circonstances qui motivent la prise de risques ainsi que sur le risque d’infection lui-même.

 

Historique

Phénix a été créé en 2006 et implanté en 2008 dans sa première version. Il est basé sur des recherches québécoises qui ont permis de mieux comprendre les comportements sexuels des hommes gais et bisexuels, et les facteurs qui contribuent à la prise de risques sexuels. Ce qu’il en ressort principalement, c’est que les hommes ne s’exposent pas tous à des risques dans les mêmes circonstances et pour les mêmes raisons.

 

Concrètement, Phénix a été développé pour amener les hommes à :

  • Prendre conscience de la combinaison de facteurs et de circonstances qui contribuent à ce qu’ils s’engagent dans des conduites à risque
  • Élaborer un plan d’action stratégique adapté aux facteurs et circonstances qui sont pour eux les plus importantes en termes de risques
  • Mettre en pratique des stratégies de réduction des risques
  • Consolider l’intention de réduire ses risques d’exposition à des ITSS

 

Depuis ces débuts, plusieurs variations du programme Phénix ont vu le jour, dont une version pour les hommes séropositifs et une adaptation culturelle pour l’Ontario et le Burkina Faso, en Afrique.

 

Phénix, version 2.0

Les nouvelles avancées en matière de prévention du VIH et les approches en prévention combinée ont rendu nécessaire le fait de revisiter Phénix et le mettre au gout du jour. Par le fait même, cette mise à jour permet d’ouvrir la porte à l’adaptation du contenu en différents formats, pour mieux répondre aux besoins des organismes et des participants (en ligne, en individuel, pour hommes de tous statuts VIH). La nouvelle version du programme sera en phase d’évaluation dans divers organismes partenaires à travers le Québec, de avril à décembre 2018. Elle sera disponible pour diffusion à plus large échelle en 2019.

 

Voici un avant-goût de ce qui est abordé dans le programme Phénix en formule de groupe :

 

Atelier 1 : Faisons connaissance

Le premier atelier permet d’introduire le programme et d’établir les bases avec les participants. Afin d’entrer graduellement dans la matière, les activités visent à favoriser l’exploration et la reconnaissance de ses propres préférences sexuelles. La respiration, la bascule du bassin ainsi que la masturbation sont les compétences érotiques présentées.

 

Atelier 2 : Parlons sexualité, parlons risques

Dans l’atelier 2, le centre d’intérêt est la sexualité dans sa globalité ainsi que sa signification pour les participants. L’atelier vise également à emmener les participants à réfléchir aux niveaux de risques qui sont acceptables pour soi, ainsi qu’à se familiariser avec les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS). Dans le cadre de cet atelier, l’activité érotique met l’accent sur la sensualité, le massage érotique ainsi que le massage génital.

 

Atelier 3 : Se dévoiler, une stratégie à la fois

L’atelier 3 porte sur le dévoilement (ou non) du statut sérologique et de ses implications. Les différentes stratégies de réductions de risques sont présentées et discutées. Le condom, la masturbation avec un condom ainsi que le sexe oral sont les compétences érotiques à l’honneur dans l’atelier.

 

Atelier 4 : Déconstruire ses risques

L’atelier 4 vise à reconnaitre les zones qui rendent les participants vulnérables à la prise de risque et à construire une chaine du risque en fonction de ces zones. L’activité érotique porte sur le rimming (anulingus), le massage anal et la pénétration anale.

 

Atelier 5 : Combinons dans l’action !

Dans l’atelier 5, les participants sont emmenés à réfléchir à l’intégration des différentes combinaisons de stratégies de réduction des risques et de compétences érotiques dans leur sexualité, en fonction de divers contextes. La mise en place de leur plan d’action est centrale dans le cadre de cet atelier. L’activité érotique concerne les jouets sexuels.

 

3 semaines de pause

 

Atelier 6 : Renaitre de ses cendres

Le dernier atelier sert à faire le point sur la mise en œuvre du plan d’action des participants. L’activité érotique vise à démystifier la sexualité kinky. Un retour est effectué sur l’ensemble de l’expérience Phénix. Le format de ce retour est à la discrétion de l’animateur.

 

Le programme Phénix en individuel comporte 4 ateliers d’une heure trente chacun et comporte les mêmes thèmes et activités que le programme de groupe.

 

Si vous êtes intéressé à suivre le programme en version individuelle, en face à face ou en ligne, vous êtes invité à nous contacter à l’adresse suivante : latendresse.marie@uqam.ca.

 

Si vous êtes intéressé à suivre le programme en version de groupe, vous êtes invité à contacter l’un des organismes/cliniques actuellement en période de recrutement :

RÉZO (Montréal)
Clinique OPUS (Montréal)
Maison Plein Cœur (Montréal)
BRAS Outaouais (Gatineau)
Centre Sida Amitié (St-Jérôme)
Le Miens (Chicoutimi)
L’Arche de l’Estrie (Sherbrooke)
Iris Estrie (Sherbrooke)

 

*Certains milieux offrent également la possibilité de suivre Phénix en individuel

Description du projet de recherche

Financé par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC), le projet de recherche, qui s’étend de 2015 à 2018, a pour but de :

  1. Réviser le contenu et la structure du programme à la lumière des besoins et ressources à l’échelle locale en matière de prévention combinée
  2. Implanter le programme sous diverses modalités répondant aux réalités locales et en évaluer les effets et l’implantation
  3. Produire les versions finales du programme Phénix et mettre en place les conditions de pérennisation du programme.

 

Dans un processus de recherche communautaire, Phénix a donc été complètement révisé et est prêt à être implanté une première fois par nos organismes partenaires. La version finale du programme évalué et révisé sera disponible à la fin de l’année 2018.

Nos partenaires

Plusieurs chercheurs et organismes communautaires coopèrent avec l’équipe Phénix pour en faire un programme solide au plan théorique, mais réaliste au plan pratique.

 

Équipe de recherche

Chercheurs principaux :

Joanne Otis, Université du Québec à Montréal (UQAM)

Martin Blais, UQAM

 

Co-chercheurs :

David Brennan, University of Toronto

José Côté, Université de Montréal

Jorge Flores-Aranda, Université de Sherbrooke

Nathan Lachowsky, University of Toronto

Pilar Ramirez Garcia, Université de Montréal

 

Utilisateurs de connaissances :

Sylvain Beaudry, ACCM

Jody Jollimore, HIM Vancouver

Gary Lacasse, Maison Plein Cœur

Sylvain Laflamme, BRAS Outaouais

Gilles Lambert, DSP Montréal

Ken Monteith, COCQ-SIDA

Robert Rousseau, RÉZO

 

Collaborateurs :

Yannick Dallaire, IRIS Estrie

Laurie Edmiston, CATIE

Mark Gilbert, OHTN

Faye Héroux, Sidaction Mauricie

Rui Pires, ACT Toronto

Thérèse Richer, MIELS-Québec

 

Coordination et conception

Jessica Caruso, UQAM

Marie Latendresse, UQAM

Ludivine Veillette-Bourbeau, UQAM

 

Comité de révision

Sylvain Beaudry, ACCM

Pier-Luc Chouinard, Maison Plein Cœur

Nicolas Courcy, Centre Sida Amitié Laurentides

Gérald Julien, RÉZO

Maxime Lévesque, M.A. sexologie

Alexander McKenzie, RÉZO

Gabrielle Pitre, Maison Plein Cœur

Guillaume Tremblay-Gallant

 

Organismes où a lieu l’implantation 

RÉZO (Montréal)

Maison Plein Cœur (Montréal)

Clinique OPUS (Montréal)

BRAS Outaouais (Gatineau)

Centre Sida Amitié (St-Jérôme)

Le Miens (Chicoutimi)

L’Arche de l’Estrie (Sherbrooke)

 

Le projet est soutenu financièrement par les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC)